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Le blog de Patrick Derennes

Le blog de Patrick Derennes

il s'agit pour débuter du compte-rendu journalier des observations naturalistes agrémentées de photos, réalisées lors d'un séjour en Espagne fin mai début juin 2005. il se développe depuis avec mes photos issues de Balades en Nature ou de Voyages.

Publié le par Patrick Derennes
Publié dans : #Seychelles

 

Ou comment expliquer une expression familière à la lumière de la botanique, de l'art culinaire et de l'Histoire de France ...

 

Tout d'abord la botanique, avec la découverte illustrée du Coco de mer, puis l'explication ou tout au moins une de celles qui circulent à ce sujet, de l'expression "cucul la praline" !!

 

L'ensemble des photos est issu de la vallée de Mai située dans l'île de Praslin.

 

 

1 - le Coco de mer, aussi appelé Coco fesse ... et devinez pourquoi ...

 

 

IMG_2778CocoMerFemelle12061.jpg

 

 

Voici un peu de biologie végétale descriptive issue de ce lien :

 

L'arbre sur lequel elle pousse peut atteindre 30 mètres et peut vivre environ 300 ans. Les feuilles sont en proportion de la taille des noix avec une longueur de 4 à  6 mètres et une largeur de 2 à  4 mètres. Elles sont avec les feuilles de certains raphias parmi les plus grandes feuilles du règne végétal. Les arbres sont soit mâles, soit femelles. Les mâles ont des épis cylindriques de 1 à 2 mètres de longueur parsemé de fleurs en forme de petites étoiles jaunes. Les épis femelles font également entre 1 et 2 mètres de long et portent 5 à  13 grosses fleurs verdâtres. L'ensemble constitué du fruit et de la noix pèse de 10 à  22 kilos (c'est l'un des plus gros fruits du monde). Ils demeurent sur le tronc pendant 5 à  8 ans, puis tombent sur le sol. L'exportation des coco-fesses est réglementée.

 

 

Et voici quelques illustrations de ce palmier aux graines suggestives :

 

  1 a - Un pied mâle avec l'épi floral de visible :

 

IMG_2759CocoMerMale120610Pr.jpg

 

 

 

 

1 b - Un épi femelle avec un fruit (graine fécondée) et des graines stériles

 

 

 

IMG_2766CocoMerFemelle12061.jpg

 

 

1 c - La graine dans les mains d'une femme de taille moyenne :

 


IMG_2776CocoMerFemelle12061_Dfine.jpg

 

 

 

2 - La source présumée de l'expression familière "Cucul la praline" :

 

 

Tout commence avec le duc de Plessis, qui a vécu au 17ème siècle (1598-1675). La fonction officielle du duc de Plessis était «Maréchal de France Pair du Royaume» sous Louis XIII.
Aujourd’hui, on dirait que le duc de Plessis était ambassadeur de Louis XIII.
Comme tous les ambassadeurs, le duc de Plessis avait souvent l’occasion de voyager. Une fois, il va aux Seychelles, plus précisément sur l’île de Praslin.
Au 17ème siècle, les Seychelles étaient une colonie française.
Sur l’île de Praslin, on trouve des grosses noix de coco à la forme très évocatrice qu’on appelle les « coco-fesses ».
La forme subversive de ces noix de coco surprend tellement le duc de Plessis qu’il en ramène avec lui à son retour en France dans le but de les montrer à son entourage et de faire sensation : tout ce qui était exotique avait beaucoup de succès, à l’époque.
Le duc de Plessis revient d’ailleurs tellement enchanté de son séjour aux Seychelles qu’en revenant en France il change de nom pour se faire appeler le duc de Plessis-Praslin.
En plus de quelques coco-fesses, le duc emmène aussi avec lui un jeune indigène qu’il a recruté pour être aide-cuisinier. Ce jeune garçon n’avait pas fait d’études, il venait de la campagne, il ne parlait que créole et il n’avait aucune connaissance en matière culinaire.
Le duc de Plessis l’avait engagé parce que la main-d’œuvre autochtone était extrêmement bon marché.

On peut même aller jusqu’à dire qu’il l’avait acheté, puisque c’était le temps des colonies.
Un jour, le duc de Plessis décide d’initier le jeune homme à la langue française. Pour son premiers cours, il a l’idée de parler d'une chose que le jeune homme connaît bien. Il lui montre un coco-fesses, et il lui dit : «En français, c’est cul». Et le jeune homme, comme un enfant, répète naïvement: «Cucul!»
À cause de cette réponse, le duc de Plessis donne désormais au jeune homme le surnom de «Cucul la Noix».
« Noix », par allusion au coco-fesses qu’il lui avait montré.
Le jeune homme travaille dans les cuisines comme marmiton, et il observe ce qu’il passe autour de lui.
Il n’était pas aussi bête que le duc le pensait, mais il avait tendance à être maladroit.
Un jour, il fait tomber par inadvertance un coco-fesses dans une marmite remplie de sucre de canne. Tous les cuisiniers se moquent de lui et lui ordonnent de sortir le coco-fesses de la marmite. Mais au lieu de les écouter, le jeune homme grignote un bout de noix de coco enrobé de sucre de canne durci.
Surpris, les cuisiniers en apportent un morceau au duc de Plessis. Celui-ci grignote à son tour le morceau de noix de coco… Il le trouve délicieux.
Un des cuisiniers du duc de Plessis, qui s’appelait Clément Lassagne, a alors l’idée de varier la recette et de remplacer la noix de coco par des amandes :
c’est ainsi que la friandise a été créée.
Elle a ensuite été baptisée «prasline» en l’honneur du jeune marmiton originaire de Praslin, aux Seychelles, sans lequel la recette n’aurait jamais vu le jour.
Suite à cet événement, le duc de Plessis change son surnom : il ne l’appelle plus «Cucul la Noix», mais «Cucul la Prasline».
Ce surnom a traversé les siècles, «prasline» devenant «praline», pour donner naissance à une expression qu’on utilise toujours aujourd’hui pour parler d’une personne ou d’une chose naïve.

Olivier Schopfer

 

 

 

 

Voilà !! Et pour finir, une image de Gecko se délectant des fleurs mâles du coco fesse :

 

IMG_2842Gecko_CocoMer120610.jpg

 

 

 

 

 

 


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