il s'agit pour débuter du compte-rendu journalier d'observations naturalistes agrémentées de photos, réalisées lors d'un séjour en Espagne fin mai début juin 2005. il se développe depuis avec mes photos issues de Balades en Nature ou de Voyages.
Une partie de la journée a été passée à observer les évolutions du couple de pèlerins d'Ivry sur Seine.
Le matin les conditions ne permettent que de ramener des ombres chinoises sans attitudes bien intéressantes ... à part un piqué territoriale trop lointain.
L'après midi est plus agité avec l'apport par le mâle à la femelle d'un reste de mouette [ou de pigeon blanc (?)] :
Le mâle se pose avec son offrande, suivi de très près par la femelle :
Puis le mâle s'envole, laissant la femelle finir les restes de cette proie. Une fois son repas terminé celle-ci s'envole à son tour pour contourner la cheminée et fondre en direction du mâle posé qui décolle en piquant :
Une sorte de parade inversée (?) en quelque sorte ... est-ce un remerciement pour le repas-offrande ? ou une invite en ce début de saison de reproduction ? La femelle se pose dans la foulée.
Ensuite c'est au mâle de faire une approche rapide en direction de la femelle posée ... va-t-il y avoir reproduction ?
Non ... pas de repro cette fois !
Pour finir le mâle refait une deuxième approche à l'issue de laquelle ... il se pose non loin de la femelle !
La journée se termine avec le couple immobile, faisant sa toilette ou gonflant ses plumes (illustré ici par une vague tentative de digiscopie à main levée) :
Observez bien l'oiseau ci-dessus ... hé non ! il ne s'agit pas d'un Corbeau ... mais bien d'une Corneille noire, certes voisine d'espèce, mais espèce différente néanmoins.
A l'origine, il s'agit d'un oiseau plutôt forestier qui s'est très bien adapté au milieu urbain. Ainsi, l'Atlas des Oiseaux nicheurs de Paris indique que ses effectifs parisiens représentent actuellement environ 400 à 500 couples.
Or dans les années cinquantes, elle n'était donnée pour Paris qu'uniquement hivernante et les premiers cas de nidification remontent aux années soixante-dix ... (même source).
Dans la Fable d'Esope qui suit, la Corneille fait pâle figure devant le Corbeau :
La corneille conçut de la jalousie contre le corbeau, parce qu’il donne des présages aux hommes, qu’il leur annonce l’avenir et que pour cette raison il est pris à témoin par eux ; aussi voulut-elle s’arroger les mêmes privilèges. Donc ayant vu passer des voyageurs, elle alla se percher sur un arbre et là poussa de grands cris. À sa voix, les voyageurs se retournèrent, effrayés ; mais l’un d’eux prenant la parole dit : « Allons, amis, continuons notre chemin : ce n’est qu’une corneille, ses cris ne donnent pas de présage. »
Il en est ainsi chez les hommes : ceux qui rivalisent avec de plus forts qu’eux, non seulement ne peuvent les égaler, mais encore ils prêtent à rire.
Donnée intéressante, la distinction entre le Corbeau et la Corneille est donc très nette dès l'antiquité ... (Esope, VII ème - VI ème siècles avant J.C.).
Concernant cette hiérarchisation corbeau-corneille, dans les faits, la Corneille a été observée à de nombreuses reprises faisant preuve d'intelligence comportementale et d'adaptation au milieu (repérage de nourriture dans les sacs poubelles transparents du Plan vigipirate voire sélection pour leur contenu - invisible - des emballages à ouvrir, utilisation de la chaussée pour casser des noix voire du passage des voitures pour casser celles-ci, etc., in Oiseaux nicheurs de Paris).
Dans le Géroudet, il est indiqué : " (...) on reconnaît à la Corneille noire, comme aux autres Corvidés, des facultés remarquables de discernement, une psycholgie assez développée (...)".